Manifesto

L’Optimiste Réaliste

POUR UNE ECOLOGIE GLOBALE

  • Donnons nous les moyens réalistes de notre changement réalisable

« L’optimisme suscite deux sortes de méfiance. L’une teintée de mépris ironique, car, dans notre culture, intelligence et pessimisme sont traditionnellement associés. L’autre faite de scepticisme face aux exhortations à changer de regard sur soi, sur les autres et sur le monde pour voir enfin le verre à moitié plein. Cette double méfiance n’est pas que l’expression d’une résistance au changement, elle est aussi légitime : il sévit un optimisme niais que le psychologue et psychanalyste Alain Braconnier appelle «optimisme de l’illusion»,qui consiste en un mélange, habile et parfois peu honnête, de pensée magique, de déni et de sous-méthode Coué. Ainsi, il suffirait de croire pour voir, de dire pour être et de répéter pour gagner.

Bonne nouvelle, il existe aussi un optimisme qui concilie réalisme et esprit critique, et que l’on peut appeler « optimisme intelligent ». Intelligent parce que nous partons du constat qu’il produit des bienfaits dans les différents domaines de notre vie, affirme Alain Braconnier. C’est d’ailleurs le leitmotiv du chercheur en psychologie américain Christopher Peterson : selon lui, les études mettent en évidence que cette disposition d’esprit est associée au bonheur, à la persévérance et à l’accomplissement personnel. L’optimiste intelligent n’est pas dans l’illusion : il planifie, prend en compte le critère d’efficacité, là où l’optimiste de l’illusion se contente de formules incantatoires. » Il est entendu que nous ne sommes pas tous égaux face à cette aptitude : notre histoire, nos expériences, mais aussi notre biologie font la différence. Mais nous pouvons tous majorer notre capital mieux-être. Parce qu’il ne néglige pas les services du pessimisme, ne dénie pas la complexité de notre psyché et, surtout, parce qu’il fait appel à nos ressources personnelles et à notre intelligence, cet optimisme-là nous séduit et nous convainc. »

Flavia Mazelin Salvi